Où M&M's voient le vent (The One with the Towers and the Horns)

Publié le par Marjo, Relecteur : Marek

Après un départ trèèès matinal d'Ushuaia - 5 h 30 du mat !! -, nous voilà à Punta Arenas. Les douze heures de trajet ont été magnifiques : des paysages incroyables, entre montagnes et mer, une traversée du détroit de Magellan en bateau accompagnés par deux dauphins (si !!!), et un 100 m sprint pour rattraper le bus qui était parti sans nous, occupés que nous étions à regarder les dauphins...

L'univers nous sourit : à peine arrivés à Punta Arenas, tout s'organise comme par magie. On dégotte une chambre chez l'habitant dans une famille adorable, qui connait tout le monde et nous trouve en 5 mn chrono un bus direct pour le Parque Torres del Paine et un taxi pour aller chercher Brice à l'aéroport. On partage la cuisine, les discussions animées de la famille et un verre de vin : le bonheur. Le lendemain, après notre première nuit dans un lit depuis le départ de Santiago (ajoutez-y une douche chaude, et la béatitude est tout près... :-p ), on embarque tous les trois pour les Torres. On est ravi d'avoir retrouvé Brice et de partager avec lui ce moment unique, la visite du Parque Torres del Paine... ! Ce plan un peu galère pour Brice a priori (un trek dans le parc depuis Santiago, en un week-end, relève un peu de la gageure, vus les multiples transports et connexions nécessaires pour rallier le parc) s'avère donc plus que faisable !

On commence le trek sous un soleil radieux, malgré les prévisions pessimistes de Yahoo que Brice vérifiait deux fois par jour depuis son bureau santiaguinois. Le parc est immense, des montagnes à perte de vue et a couper le souffle, des coins verts, d'autres marrons, certains enneigés, des arbres, des ruisseaux, pas de voiture à des kilomètres à la ronde, des lamas de temps en temps, et nous trois à savourer toute cette beauté. On marche en direction des Torres, les trois montagnes en forme de tour qui donnent leur nom au parc, et qu'on espère voir le jour suivant. 

Quelques heures plus tard, Yahoo se venge et des trombes d'eau se déversent sur nous... heureusement, à proximité d'un refuge dans lequel on va s'abriter. Au moment où on commence à se dire qu'il va pleuvoir tout le week-end, et à flipper sérieusement, le ciel se dégage et on repart en courant pour la dernière heure de marche.. : c'est presque secs qu'on atteint le camping (rudimentaire mais gratuit) dans les sous-bois au pied des tours. Une fois la tente montée, on pointe le bout de notre nez en dehors des sous-bois et on peut appercevoir le haut des tours, dans le couchant qui leur donne une teinte rouge sur fond de ciel bleu profond et sans nuages.

La nuit est vraiment fraîche et on n'est pas trop de trois pour chauffer la tente, surtout que le duvet de Brice est bien mince : on se réveille plusieurs fois, Brice à cause du froid, Marek à cause de la pente qui le pousse sur moi, et moi en recevant les 90 kg de mon homme :-)

Le jour suivant, il ne nous reste qu'une heure de marche pour arriver au Mirador de las Torres, en haut d'un pierrier un peu pénible à escalader. D'un seul coup, on se retrouve sur un plat, on lève les yeux et nos poils se dressent : c'est magnifique..... magnifique... La lagune est verte, les Torres sont là devant nous, le soleil choisit ce moment-là pour apparaître et l'ombre des nuages sur la lagune avance, changeant les couleurs en quelques secondes. Moment incroyable. On reste quelques minutes à les contempler, en écoutant Marek nous raconter l'histoire de l'homme qui a escaladé la tour centrale en trimballant un compresseur et une perceuse pour planter des spits dans les parois reputées inaccessibles... et s'est rendu compte au sommet que le fou du village l'avait précédé de dix ans. Avant de partir, on ajoute notre pierre au très beau cairn et on voit passer, juste au-dessus de nous, un couple de condors !!

 

Brice repart en fin d'après-midi pour Santiago, et nous on campe près de l'entrée du Parc. Notre prochaine rando sera pour aller voir "Los Cuernos", les cornes, deux montagnes en forme de... cornes (z'aviez deviné ?). Huit heures de marche aller et retour, mais un faible dénivelé. C'est encore une fois une ballade incroyable : on longe une lagune d'un bleu... indescriptible. Ca se rapproche d'un étang de lait dans lequel on aurait versé quelques gouttes d'un colorant chimique genre "menthe glaciale"... Avec des reflets dûs aux vagues et aux nuages... A couper le souffle. Les montagnes que nous voyons sont sculptées d'une telle façon qu'on a l'impression de voir le vent : dans les découpes de la roche, on a l'impression de deviner le passage des raffales. Los Cuernos sont très belles, on pourrait croire que le diable s'est caché quelque part et que ses cornes dépassent ! Il y a même quelques arbres qui figurent les sourcils :-)

 

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Publié dans Patagonie

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