Où M&M's galèrent comme des galériens (The One with the Rain)
"Ca va etre humide c'te histoire" était la conclusion de Marek dit "Le Devin" à notre précédent post.
Ca n'a pas loupé.
Après quelques randos sympas dans les environs d'Ushuaia, dont une à la Laguna Margot (dommage, il n'y avait pas de panneau, j'aurais bien immortalisé *ma* lagune...) sous un soleil radieux, on est parti pour un trek de plusieurs jours, avec une partie dans le Parque Nacional Tierra del Fuego. On avait pu alléger les sacs en laissant tout le superflu au camping, c'était un trek très peu fréquenté que nous avait suggéré un local, pas trop difficile, un policier en civil nous avait pris en stop, nous économisant un taxi pour rejoindre le début de la rando, bref tout s'annoncait far-pai-te-ment !
Deux heures après avoir commencé à marcher, gais et heureux, il a commencé à pleuvioter vaguement. Pas de quoi effrayer nos héros, qui se rient des intempéries, bien préparés qu'ils sont. Comprendre que Marek a répété déjà 1 000 fois depuis le début de notre séjour "Quand on sera sous la pluie en Patagonie...", suivi de "on sera content d'avoir une tente qui se monte vite", "on mettra les affaires comme ça", "on appréciera nos blousons étanches", "on ne regrettera pas d'avoir emmené tel truc", et autres variantes. Limite on l'attendait de pied ferme, la pluie en Patagonie !
Sauf que le chemin est en terre humide, la pluie le transforme en bourbier, on se croirait au Viet Nam, ou plutôt dans un film de guerre américain ;-) Les blousons sont bel et bien étanches, mais pas les sacs ! La pluie s'intensifie, au bout de deux heures, le chemin n'est plus vraiment pratiquable, et on est trempés. Trempés, trempés, trempés ! Marek consulte la carte, il reste une bagatelle de cinq heures avant le lac qu'on devait atteindre pour camper : je ne me sens vraiment pas de les faire dans ces conditions. Et si on franchit la limite du Parc National, on devra attendre d'etre au bord du lac pour se poser, le camping sauvage y etant interdit. On decide donc de planter la tente dans le premier coin "campable" qu'on trouvera, mais la pente et la boue les rendent rares... On marche encore deux heures, bon ok, vingt minutes, mais c'etait vraiment long... avant de denicher un endroit convenable. On bat le record du monde de montage de tente avant de s'y réfugier, sauvés !! Maintenant, plus qu'á réciter des mantras pour que l'étanchéité de la tente ne nous laisse pas tomber...
Le lendemain, il faut prendre une décision, continuer ou rentrer. En faveur de la premiere option, la possibilité de faire une rando peu fréquentée, de voir de beaux endroits et de ne pas s'en retourner "bredouilles"... En faveur de la deuxieme, le fait qu'on n'a plus d'affaires séches et l'épée de Damocles du parc national : si la pluie tombe á verse, il faudra atteindre le lac coute que coute, ce sera marche ou creve. Pas trop mon style... Mon mari d'amour par contre fait grise mine á l'idée de rebrousser chemin, la perspective de ce mini-trek l'enchantait et je sens que sa proposition de redescendre a un parfum de sacrifice. Dilemne dilemne.
Au final, on prend la decision qui nous apparait la meilleure, mais qui n'est pas la plus facile : se séparer. Je prends le chemin du retour pendant que Marek attaque la montée vers le lac. Aprés une heure de descente, je me rends compte que je suis archi-crevée et que je ne me serais vraiment pas sentie de continuer ! A Ushuaia m'attendent des heures de lecture en sirotant du thé au miel, bien au chaud, et la rencontre de Michel et Claudia (coucou á eux s'ils nous lisent !), un couple franco-colombien avec qui je passerais une super soirée á discuter, contente de savoir que Marek est en train de se faire plaisir dans la montagne.